Quelques nouvelles des pages « tombées du camion » passant devant le Palais de Justice de Papeete

Probablement juste au moment où Tahiti-Infos était représenté au tribunal fin septembre, début octobre 2020 !

https://affairejpk.net/2021/01/10/lorsque-quun-media-se-baisse-et-ramasse-quelques-feuilles-extraites-des-minutes-du-greffe-de-la-cour-dappel-de-papeete/

Un début de réponse est arrivé, consécutivement à la plainte contre X déposée par Francis Stein le 23 décembre 2020 auprès du procureur de la république. Elle a été confiée à la section de recherche de la gendarmerie pour enquête préliminaire et Francis Stein a été entendu par les enquêteurs. Il a confirmé sa plainte au terme d’une audition intervenue le vendredi 5 février 2021.

Sur le site internet du quotidien TAHITI-INFOS, il avait constaté lundi 5 octobre 2020 qu’un article publié le dimanche 4 octobre 2020 (dès 10 h 16) et relatif à « l’affaire JPK » comportait le titre suivant « Dernières zones d’ombre » .

Ainsi que le sous-titre :

« Une semaine après la confirmation par la chambre de l’instruction des mises en examen de Miri Tatarata et Francis Stein dans l’affaire JPK, Tahiti Infos s’est procuré la décision qui dévoile les détails des nouvelles investigations dans ce retentissant dossier ».

Cet arrêt lui avait quant à lui,  été signifié par exploit d’huissier le 13 novembre 2020.

Le secret de l’instruction relative à l’affaire JPK, il l’a constaté à plusieurs reprises avec son avocat, a été bafoué depuis des années, en attestent la publication d’ouvrages parmi lesquels, celui écrit par Benoit Collombat, grand reporter français chargé d’investigations : « Un homme disparaît : l’affaire JPK ».

Ce journaliste auteur de nombreuses enquêtes sur le monde des affaires, de la politique, du renseignement, a pu citer dans son livre de 464 pages paru le 28 mars 2013, de larges extraits des auditions de nombreux témoins, effectuées par les juges d’instruction et gendarmes successifs de la section de recherches entre fin 1997 et fin 2012.

Il ne manque que la référence des cotes de ce volumineux dossier accessible à la partie civile, et aux justiciables actuellement mis en examen, outre le ministère public, les enquêteurs et le juge d’instruction ainsi que leurs proches collaborateurs.

Pour autant cela semble avoir été considéré comme normal, puisqu’aucune procédure n’a manifestement été engagée contre quiconque, s’agissant pourtant de pièces du volumineux dossier d’instruction étant parvenues entre les mains de cet auteur/journaliste.

S’agissant de la plainte contre X déposée par Francis Stein, elle est justifiée par le fait que des journalistes locaux, le rédacteur en chef de Tahiti-Infos, Monsieur Antoine SAMOYEAU et Mme Garance COLBERT, ont cosigné cet article également édité sur support papier du média (tiré sauf erreur à 15 000 exemplaires) qui les emploie, lequel est relayé sur leur site internet comme indiqué supra, avec possibilité de téléchargement du journal, lesquels révélaient cette fuite d’informations :

« Tahiti Infos s’est procuré les 35 pages de l’arrêt de la chambre de l’instruction ».

Ce jugement a été rendu le mardi 29 septembre 2020, et il est manifeste qu’il leur a été remis rapidement puisque l’article était en ligne dès le dimanche 4 octobre 2020 (près de 8 000 lectures via internet), et disponible en kiosque le lundi 5 octobre 2020.

Comment ainsi préserver l’institution judiciaire de l’influence des médias ?

Aucun autre organe de presse et chroniqueur judiciaire de Polynésie tant de la presse écrite que télévisuelle et radiophonique n’accède dans de si brefs délais à ce type d’information. Il reste à déterminer dans quelles conditions cette fuite a été rendue possible et pour quelle.s motivation.s ?

Il semble même que lesdits journalistes aient pu aussi obtenir la dernière synthèse 2019 de la section de recherches de la gendarmerie puisqu’en page 3 du quotidien figure parmi les quatre « phrases du jour », celle-ci :

« Il apparait que certains points importants n’ont pas été vérifiés. » Plus loin, dans l’article, cette mention est reprise avec la précision suivante : « … indique la synthèse faite en 2019 par les gendarmes ».

En effet, en accédant à l’intégralité de cet arrêt comprenant des résumés de multiples auditions de nombreux témoins, justiciables mis en garde à vue et d’autres mis en examen (5 personnes), cet organe de presse dispose d’informations importantes d’une instruction en cours. Il est désormais en mesure de procéder en exclusivité à d’autres publications et spéculations avant ses concurrents, ce qu’il ne s’est d’ailleurs pas privé de faire.

Cela dépasse de loin le cadre des dispositions de l’article 11 du Code de procédure pénale, puisque même le ministère public n’a rien rendu public depuis le 29 septembre 2020.

Qu’en est-il dès lors, du respect de la présomption d’innocence dès lors que ce média présente Francis Stein d’après les seuls éléments à charge du dossier ?

La liberté d’information ne doit pas s’affranchir de toutes limites au nom de la liberté de la presse et de la liberté d’expression.

Par cette pratique, ils portent atteinte aux droits de la défense. En effet l’exercice de leur métier ne devrait pas pour autant porter atteinte aux propres droits et liberté de Francis Stein, reconnus par la Déclaration de 1789.

Hau te ta’ata e fa’ahapa-papu-hia ai e te ture, e ‘ita ‘oia e parauhia e, e ta’ata hapa. No reira ‘ia mana’o-noa-hia atu e,’ia tape’ahia ‘oia e ti’a ai, e opani ‘eta ‘eta te ture ‘ia haru iana ma te rave ‘ino atu. (Irava iva No Te Fa’iraa’a I Te Mau Ti’ara’a-Mana O Te Ta’ata ‘E ‘O Te Tino Huira’atira I Ravavea I Te 26 No Atete 1789)

Quel est l’objectif poursuivi par Tahiti-Infos ?

  • Celui de la recherche de la vérité ?
  • Celui de diffuser des scoops sans se soucier de la protection de la vie privée, et de la présomption d’innocence pourtant respectivement érigées en droit de rang constitutionnel inscrits dans la Déclaration de 1789 ?

L’atteinte à la personne n’est jamais prise en considération et ils ne se soucient guère de la réputation engendrée par une mauvaise image véhiculée sur leurs outils de communication numérique, engendrant une visibilité importante et chroniquement néfaste.

En effet, en raison du préjugement qui pourrait en résulter, alors même que le secret de l’instruction est consacré dans les codes, ce type d’information circule et tout comme les procès-verbaux d’auditions sont dévoilés au grand reporter de France Benoît Collombat pour écrire un livre sur cette affaire.

Contrairement à ce qui est affirmé par la sœur de « JPK » qui signe un article sur leur site web informant les internautes de la publication dudit livre, il ne s’agit pas simplement « d’une composition à partir des archives des Nouvelles de Tahiti compilée d’articles signés JPK », mais bel et bien de procès-verbaux d’audition d’une instruction judiciaire non clôturée.

Ce ne sont bien évidemment jamais les éléments à décharge qui sont divulgués aux lecteurs et internautes qui les relayent d’autant plus facilement via les outils numériques, puisque seules sont révélées les incohérences constituant selon le juge d’instruction, sur la base des analyses des enquêteurs et reprises par l’avocat général, des « indices graves ou concordant ». Et pourtant, comme démontré dans cet article précédant en date du 7 février 2021 https://affairejpk.net/2021/02/07/de-lalteration-de-lenquete-des-son-debut-en-1997/ l’enquête a manifestement été altérée…

De même, Francis Stein avait découvert « Divine surprise » en consultant le dossier d’instruction via son avocat, qu’il n’avait pas été expurgé des éléments issus de la sonorisation de deux des trois GIP mis en examen, lesquels y figuraient certainement encore le  4 février 2021 au moment de la rédaction de l’article suivant : https://affairejpk.net/2021/02/04/la-cour-de-cassation-avait-annule-le-6-janvier-2015-les-ecoutes-de-rere-puputauki-et-tutu-manate-realisees-courant-2013-mais/ ; et ce n’est pas le seul manquement (oubli de cancellation de quatre lignes sur une des cotes, et le retrait de quatre cotes supplémentaires).

En plus, le magistrat en charge de l’instruction en 2013, avait invoqué le chef de meurtre en bande organisée pour les membres du GIP alors que cette catégorie d’incrimination n’était pas encore applicable : https://affairejpk.net/2021/01/10/la-mise-en-cause-dun-ancien-chef-de-service-de-ladministration-de-la-polynesie-francaise-et-de-2-de-ses-agents/ .

Mais revenons sur la plainte pour violation du secret de l’instruction et recel de violation du secret de l’instruction déposée auprès du procureur de la république. Les médias sont rarement « très équilibrés par rapport à la défense »… puisqu’ils présentent le mis en examen rapidement comme coupable.

Ces deux journalistes bénéficieraient-il d’un accès privilégié aux jugements rendus dans cette juridiction via l’institution judiciaire ou la partie civile, sinon les autres parties de la défense également mises en examen, afin d’orienter de manière ciblée d’autres parties pour tenter de se « dédouaner » de toute responsabilité ?

« La justice aime bien utiliser les médias aussi … ça l’arrange bien aussi parfois de faire appel aux médias », disait la journaliste de Polynésie la 1ère lorsqu’elle a présenté l’émission « SANS TABU » le 14 octobre 2020 https://la1ere.francetvinfo.fr/polynesie/emissions/tabu/tabu-francois-quinquis-876544.html avec pour invité l’ancien bâtonnier (avocat de deux membres du GIP également mis en examen dans le dossier relatif à la disparition de Jean-Pascal Couraud). Elle répondait à une remarque du procureur général intervenant via internet dans le débat les réunissant avec un des députés de Polynésie. Le PG affirmait « Les médias sont parfois … pas toujours très objectifs … très souvent et c’est tant mieux,  très équilibrés par rapport à la défense ».

L’ancien bâtonnier avait déclaré que « La presse est le bras armé de la Justice », puis : « Le rouleau compresseur qu’est le ministère public est une réalité », « L’égalité des armes entre l’accusation et la défense n’est pas toujours respectée» et enfin « Les attitudes peuvent prêter à confusion » (indépendance des magistrats vis-à-vis du pouvoir politique), ce à quoi le PG a répondu « Il faut arrêter le fantasme entre le parquet et le siège … à Papeete il n’y a aucune connivence, et même une indépendance très forte entre le siège et le parquet ».

Le député polynésien participant à distance lui aussi à l’émission déclarait « Le nombre d’affaires qui ont été étouffées à la demande, … parce que ça pouvait gêner le président de la République en exercice vient mettre à mal cette belle théorie ».

Mais pour en revenir au recours de Francis Stein devant la chambre de l’instruction, tous les éléments présentés par Me Arcus USANG pour sa défense le 30 juin 2020 avaient été rejetés sans débat car considérés comme postérieurs à sa mise en examen.

Hélas, les réseaux sociaux irrigués par la toile du WWW… se transforment à chaque rebondissement lié à cette affaire en autant de « tribunaux et de juges » factices causant de réels dégâts préjudiciables à sa réputation et à son image envers ses proches et relations professionnelles puisque certains médias le présentent comme coupable via leurs sites consultables en ligne et leur page Facebook. Ce fut encore le cas un an après sa mise en examen. Le 29 septembre 2020, plusieurs médias étaient présents au rez de chaussée du tribunal de Papeete dès l’arrivée de Francis Stein et de son avocat. Ils prirent place dans l’espace dédié aux prévenus, à la partie civile et à leurs avocats respectifs près des cabinets des juges d’instruction.

Tous les journalistes (TAHITI-INFOS, LA DÉPÊCHE DE TAHITI, RADIO 1, POLYNÉSIE LA PREMIÈRE, TAHITI NUI TÉLÉVISION) effectuaient des captations photo et vidéo sans avoir sollicité personne et aucun agent de sécurité n’était présent pour les canaliser.

A l’arrivée de l’avocate générale, ils durent quitter les lieux : https://affairejpk.net/2021/01/22/audience-au-tribunal-de-papeete-tahiti-polynesie-francaise/  mais la journaliste Garance COLBERT, chroniqueuse judiciaire du quotidien TAHITI-INFO, tenta de rester sur place, et Mme ANGIBAUD, lui donna l’ordre de partir également en lui disant suffisamment fort pour que tous l’entendent  « Toi aussi Garance, tu t’en vas ! ».

Tous ces vecteurs d’opinion relayés sur les réseaux sociaux pèsent et participent au lynchage médiatique des personnes prises dans la tourmente d’accusations sans preuve.s tangibles. 

A cet égard, les six juges d’instruction qui se sont succédés de 1997 à 2020 :

– Jean Bernard Taliercio,

– Jean François Redonnet, 

– Philippe Stelmach, 

– Anne Barruol, 

– Edwige Bit,

– et Frédéric Vue à présent, ont tous essayé d’apporter depuis 1997 des réponses à cette disparition en tentant avec les enquêteurs de construire une vérité.

Cette procédure marquée par autant de « bizarreries » est loin de réunir les principes essentiels censés être mis en œuvre, comme l’équité, le contradictoire, l’équilibre des droits entre les parties, si ce n’est en apparence.

En effet, quitte à le répéter, aucun élément à décharge n’a été retenu et pourtant il en existe.

La réponse judiciaire qui se profile, en réponse à cette disparition toujours inexpliquée est évidente à l’écoute des réquisitions formulées par l’avocate générale devant la chambre de l’instruction, puisqu’elle a déjà balayé toute possibilité pour Francis Stein d’apporter des explications réfléchies et argumentées au motif qu’elles serait postérieures à sa mise en examen, alors que placé en garde à vue avec le stress engendré par les conditions de rétention, forcément soumis à un interrogatoire ne permettant pas dix ans après la disparition de M. Couraud (2007), puis vingt et un an ensuite (2019), en quelques minutes de restituer sans risque d’erreur les éléments de réponse.

L’énoncé de sa position personnelle sur sa culpabilité l’a parfaitement démontré.

S’agissant d’Antoine Samoyeau, le 12 mars 2013, il écrivait cet article :

Le livre-enquête sur l’affaire JPK

Publié le mardi 12 mars 2013 à 01H00

Le journaliste et grand reporter de France Inter, Benoît Collombat, sort le 28 mars prochain un livre consacré à l’enquête sur la disparition du journaliste Jean-Pascal Couraud, alias JPK, à Tahiti en 1997. Un ouvrage fourmillant de témoignages exclusifs pour tenter de cerner cette délicate affaire toujours à l’instruction à Papeete.

Un homme disparaît : l’affaire JPK du journaliste Benoît Collombat sortira le 28 mars prochain en librairie

Un ouvrage qui recueille de nombreux entretiens inédits, majoritairement politiques, pour éclairer la situation de l’époque en Polynésie

L’auteur retrace et détaille l’enquête judiciaire toujours en cours pour évoquer toutes les pistes possibles de la disparition de JPK

En pleine période électorale, il est des sorties qui ne passent pas inaperçues. Le livre de Benoît Collombat, Un homme disparaît : l’affaire JPK, dont la parution est prévue pour le 28 mars prochain, risque de faire bruisser la campagne électorale. Bruisser mais pas éclabousser. L’affaire de la disparition de l’ancien journaliste Jean-Pascal Couraud, alias JPK, en décembre 1997 est bien connue et a déjà donné lieu à de multiples investigations journalistiques. Quel intérêt alors que cet énième enquête consacrée à la sombre disparition d’un opposant de Gaston Flosse, en pleine période de gloire du Vieux Lion et à une époque ou fleurissaient les gros bras du GIP et autres espions du SED ? Cet intérêt c’est le temps qui l’a permis. Les années ont passé. Les langues se sont déliées. Et l’auteur a agrémenté son enquête par de nombreux témoignages politiques exclusifs sur le système “Flosse” mis en place en Polynésie avec la complicité active de l’État. Déjà connu pour sa contre-enquête sur l’affaire Boulin, Benoît Collombat vient de signer les 450 pages de l’ouvrage le plus complet sur l’affaire JPK.

“On a beaucoup parlé de la Françafrique, mais avec les DOM-TOM, on a fait dix fois pire !”, confie notamment à l’auteur l’ancien collaborateur de Jacques Chirac et de Charles Pasqua, Jean-François Probst. Fil conducteur du livre, Benoît Collombat enquête sur les différentes thèses de la disparition de l’ancien rédacteur en chef des Nouvelles de Tahiti, reconverti en conseiller politique de Boris Léontieff : suicide, enlèvement qui tourne mal, meurtre… Mais en trame de fond, “C’est toute l’histoire de la Polynésie française et de sa situation si étrange dans la République qui se dévoile à nous. Depuis que la France avait choisi, en 1966, ces terres lointaines pour ses expérimentations nucléaires, le paradis tahitien s’était transformé en un territoire hors de toutes les règles et de tous les cadres habituels.” Commentaire du journaliste Alain Rollat : “Cette raison d’État explique tout le reste. La France gaulliste a besoin d’avoir à sa botte, en Polynésie, des “godillots” encore plus “godillots” que partout ailleurs. Gaston Flosse sera un parfait “godillot”, et il en retirera tous les profits imaginables.” 

L’auteur l’affirme dès l’introduction de son ouvrage : “L’enquête judiciaire est toujours en cours. Le magistrat actuellement en charge du dossier, Jean-François Redonnet, devrait clore son instruction dans les mois qui viennent”. Le magistrat a en effet récemment relancé quelques actes dans cette procédure, parmi lesquels l’audition de Rere Puputauki devant l’avocat parisien de la famille Couraud. L’ouvrage est d’ailleurs dédié “Aux enfants de Jean-Pascal Couraud. À ceux qui ont choisi les mots pour résister.”

Benoît Collombat

À 41 ans, Benoît Collombat est grand reporter à France Inter. Il a réalisé de nombreuses enquêtes notamment sur l’affaire Boulin, le monde de l’armement ou la Françafrique. Il est l’auteur d’Un homme à abattre. Contre-enquête sur la mort de Robert Boulin (Fayard, 2007), a participé à la rédaction d’Une Histoire secrète du patronat de 1945 à nos jours (La Découverte 2009) et a co-écrit avec David Servenay La Fédé Comment les socialistes ont perdu le Nord (Le Seuil, 2012). En 2008, son reportage radio sur l’affaire JPK, “Des requins en eaux troubles”, lui a valu le prix international de l’enquête décerné par le Centre de formation des journalistes.

Extraits de l’introduction

“Chirac a bien compris qu’à partir du moment où il y avait des départements d’outre-mer, comme la Martinique, qui faisaient de la “rétrocession financière” pour le PS, ce n’était pas mauvais de faire la même chose pour le RPR avec Gaston Flosse, lâche avec son franc-parler habituel l’ancien collaborateur de Jacques Chirac et de Charles Pasqua, Jean- François Probst. On a beaucoup parlé de la Françafrique, mais avec les DOM-TOM, on a fait dix fois pire !

(…)

“La Polynésie est le seul endroit où j’ai été confronté à une tentative ouverte de corruption”, raconte l’ancien journaliste du Monde, Alain Rollat, qui a couvert pendant vingt ans l’actualité politique à Tahiti pour le quotidien du soir. L’État Flosse était l’antenne polynésienne de l’État RPR, mais le système RPR de la mairie de Paris était très civilisé par rapport à la violence du système qui prévalait sous les colliers de fleurs et derrière les cartes postales, dans les milieux polynésiens, ajoute-t-il. Personne ne résistait à “Papa Flosse”. C’était impossible, sauf à vouloir se suicider socialement. Les téméraires, s’ils étaient tahitiens, étaient aussitôt frappés d’ostracisme ; s’ils étaient métropolitains, ils étaient blacklistés et condamnés au retour, à la case départ.” “Le système Flosse s’appuyait sur le contrôle des fonds publics, résume le député apparenté socialiste, René Dosière, l’un des rares élus métropolitains à avoir dénoncé publiquement la gestion Flosse. Il gérait l’emploi. Lorsque je me suis rendu sur place, en 2005 [NDR : après la victoire de l’adversaire politique de Gaston Flosse, l’indépendantiste Oscar Temaru], j’ai bien senti l’hostilité des militants de Gaston Flosse à mon égard. Ils m’ont littéralement insulté ! Pour eux, chasser Flosse du pouvoir, équivalait à leur faire perdre leur emploi. Ils défendaient leur bifteck ! C’est ce jour-là que j’ai pris conscience des ramifications du système Flosse. Ces

militants étaient des gens très modestes. Je me suis dit qu’ils étaient sans doute prêts à aller très loin pour défendre leur situation, puisque dans leur esprit en s’attaquant à Flosse, on s’attaquait à eux.”

(…)

“En s’appuyant sur des sources judiciaires, des archives, des témoignages, pour la plupart inédits, ce livre tente de rassembler les pièces du puzzle de « l’affaire JPK”. Le mystère commence dès la nuit de la disparition de Jean-Pascal Couraud, en décembre 1997. Il se poursuit dans les brumes des paradis fiscaux que tente de percer la justice, sur la piste des dossiers financiers auxquels aurait pu s’intéresser JPK. L’affaire du présumé compte bancaire de Jacques Chirac au Japon dont l’ancien chef de l’État a toujours démenti l’existence s’est même invitée dans l’affaire JPK. De nombreuses pièces ont été versées au dossier judiciaire, tandis que le “premier cercle chiraquien” a été entendu par la justice afin de vérifier si Jean-Pascal Couraud ne s’était pas intéressé à d’éventuels flux financiers de Jacques Chirac au Japon.”

Antoine Samoyeau »

A QUI PROFITE LA DISPARITION DE JEAN-PASCAL COURAUD ?

https://affairejpk.net/2021/03/13/prelude-a-une-plainte-a-present-decidee-pour-des-faux-temoignages-aux-juges-formules/