De l’altération de l’enquête dès son début en 1997

Cette affaire qui dure au-delà du délai raisonnable, a souffert d’une véritable altération, en raison de l’absence – dès son origine – d’une série d’investigations urgentes qui auraient dû être ordonnées par le doyen des juges d’instruction.

Plusieurs années d’instruction judiciaire n’ont toujours pas permis de répondre à toutes les interrogations de la famille de JPK et de l’opinion publique largement tenue informée tant par le parquet que par l’intermédiaire soit de la partie civile via des conférences de presse et communiqués relayés tant sur le site internet qu’elle anime depuis 15 ans, que par leurs avocats.

Depuis 2004, une instruction pour « enlèvement, séquestration et assassinat » est toujours ouverte devant le Tribunal de Papeete.

Cette enquête a-t-elle été volontairement altérée ?

Les six juges d’instruction successifs, Jean-Bernard Taliercio, Jean François Redonnet, Philippe Stelmach, Anne Barruol, Edwige Bit, et Frédéric Vue ont tous essayé d’apporter des réponses à cette disparition.

Cependant, l’on peut affirmer que Jean-Bernard Taliercio, doyen des juges d’instruction en poste et chargé de cette affaire dès 1997, pour des raisons qui échappent à toute logique compte tenu de son ancienneté et de sa connaissance de notre collectivité au bout de tant d’années de présence sur le territoire, a considérablement altéré cette enquête 

En n’ordonnant pas le placement en garde à vue de toutes les personnes présentes le soir de la disparition de Jean-Pascal Couraud à son domicile, ni plus tard, ce juge d’instruction a compromis l’enquête.

En réalité, ce n’est qu’en 2004, soit sept ans après que JPK ait disparu de son domicile, que des hommes du GIP sont placés en garde à vue consécutivement à la dénonciation effectuée par Vetea Guilloux.

Ensuite, il faudra attendre trois ans de plus pour que d’autres gardes à vue surviennent, dont celle de Francis STEIN, soit dix ans après la disparition du collaborateur de Boris Leontieff, Tavana d’Arue.

Boris Leontieff disparaîtra lui aussi dans d’étranges circonstances, alors qu’élu à l’Assemblée de la Polynésie française, l’avion à bord duquel il était accompagné par Lucien Kimitete, Hakaiki de Nuku Hiva et conseiller territorial comme Arsen Tuairau, et enfin Ferfine Beyssere conseillère municipale d’Arue.

Aucune trace de leur avion ne sera jamais retrouvée alors qu’en pleine campagne des élections législatives de 2002 (un peu plus de quatre ans après la disparition de JPK), ils effectuaient un périple pour tenir sur plusieurs atolls des réunions publiques.

Quel coup du sort, toutes ces disparitions pour le Fetia Api, parti du centre qui au bout de six ans d’existence représentait la troisième voie tant attendue.

Francis Stein a lui aussi été candidat aux élections législatives en mai 1997, mais a fort heureusement « survécu » à la politique, ayant cessé toute activité dans ce domaine depuis juillet 2008 et quitté le FETIA API en 2009 puisqu’en totale opposition avec la gouvernance pratiquée par Philip Schyle…

Pour revenir à l’instruction menée par le juge Taliercio :

L’enquête de voisinage n’a été menée que plusieurs années après cette disparition à la résidence Temaruata de Punaauia où résidait JPK avec sa famille.

L’audition plus que tardive d’un témoin pourtant signalé par Francis Stein lors de sa 1ère audition le 24 décembre 1997, qui l’avait croisé près de la poste de Punaauia, et qui cette fin de journée là discutait avec lui lorsque JPK se dirigeait vers le garage où le matin même, un de leurs véhicule familial avait été déposé pour une réparation. Le témoin n’a été auditionné que plusieurs années plus tard, si bien qu’il n’en avait pas gardé de souvenir, alors que Francis Stein avait brièvement discuté avec JPK en sa présence.

Le juge d’instruction Edwige Bit a effectué un déplacement au domicile de Francis Stein, accompagnée de la police scientifique de la section de recherches dix ans après cette disparition, en 2017.

Des expertises effectuées plusieurs années après sur le véhicule personnel de Francis Stein (huit ans et huit mois après la disparition, et deux reventes successives par des propriétaires différents, suivies d’une donation à un tiers).

Les mêmes expertises ont été tentées sur les véhicules de service qu’il conduisait lors de ses affectations successives, sauf sur une Golf de service, réformée par l’un de ses successeurs, mais restée introuvable.

Le produit BLUE STAR a été utilisé pour tenter de détecter des traces de sang, afin d’identifier une scène de crime, sans succès.

Son domicile a été perquisitionné en 2007 (tout son matériel informatique a été saisi), 2017 et 2019.

En 2017, des investigations poussées ont eu lieu pour vérifier l’épaisseur des murs de sa maison, le sol, les fosses d’aisance des salles de bain, son jardin, la clôture de la propriété … Rien n’a été décelé.

Une nouvelle fois, le produit BLUE STAR a été utilisé dans son garage et sur son jet ski sans plus de réussite.

Une expertise de son système d’alarme et de surveillance a été faite 20 ans après la disparition de JPK. (Un article sera dédié à ce sujet)

Aucune vérification n’a été faite sur le réseau GSM, induisant l’absence d’exploitation technique (triangulation sur les bornes existantes ) du téléphone GSM de Francis Stein sur la période concernée (décembre 1997) pour déterminer précisément combien de déplacements il a pu faire cette nuit-là, sachant qu’il a passé la soirée à son domicile où il a dîné, regardé un film en famille puis est allé se coucher.

Le crâne déposé dans l’une des pièces de la maison où résidait Jean-Pascal Couraud au moment de sa disparition, n’a pas été saisi et mis sous scellé par les enquêteurs.

pourtant, il aurait pu être utile d’effectuer un relevé d’empreintes éventuellement présentes sur sa surface.

les enquêteurs se sont privés de précieuses informations puisqu’un ami du couple l’avait emporté.

Le passeport que Jean-Pascal COURAUD avait déclaré avoir perdu quelques jours avant de disparaître, sans pour autant l’avoir déclaré aux autorités, ni avoir demandé son remplacement.

La disparition de sa motocyclette de JPK et que les enquêteurs ne sont jamais parvenus à retrouver.

L’absence évidente d’investigation au luminol sur les véhicules et bateaux au siège du GIP à MOTU UTA, port de Papeete, contrairement à celles effectuées sur ceux de Francis Stein, si ce n’est vérifier la possibilité lors d’un transport sur les lieux, d’observer depuis le toit d’un des bâtiments du GIP d’éventuels mouvements de personnes montant à bord d’embarcations ou navire comme l’avait déclaré Vetea qui avait affirmé y être monté pour observer l’embarquement de JPK.

Un transfert de fonds qui interpelle les enquêteurs à la recherche d’une éventuelle récompense en faveur de personnes ayant pu empêcher JPK de révéler des informations compromettantes

Une dizaine de millions de francs CFP versés au chef du GIP par un ami via un compte de société à deux signatures au nom d’une l’entreprise, et qui sont tous deux placés simultanément en garde à vue et interrogés sur ce mouvement bancaire. Interrogés séparément, ils ne se souviennent pas avoir / été remboursé pour l’un, ou avoir / effectué le remboursement pour l’autre.

Après plusieurs heures d’audition, et lorsqu’ils sont finalement confrontés, ils se ravisent tous les deux, l’ami prêteur en indiquant les avoir bien récupérés en espèces, et le chef du GIP déclarant que si son ami affirme finalement qu’il s’est acquitté de cet emprunt dont il ne se souvenait pas, c’est qu’il a bien rendu cette somme de 10 000 000 F CFP et en deux fois 5 000 000 F CFP à quelques mois d’intervalle. La mémoire lui étant subitement revenue

A la question de savoir sur quel compte cette somme a été reversée, l’ami a répondu qu’il les avait donnés à sa femme (!), sans que cela ne suscite de questionnement de la part des enquêteurs, en termes de bonne gestion d’une société, et ne poussant pas plus loin les investigations puisque aucune pièce du dossier ne le démontre (pas d’interrogatoire de la femme de l’ami pour obtenir confirmation de la réception des fonds et de la nature de leur utilisation. Tant pis pour la société). C’est l’expert-comptable et le commissaire aux comptes de cette société qui ont dû avoir des difficultés pour justifier la certification idoine.

Des sonorisations des domiciles et lignes téléphoniques de suspects ex membres du Groupement d’intervention de la Polynésie française (GIP) insuffisamment motivées, et leur prolongation sans aucune motivation entrainant l’annulation des preuves recueillies (La Cour de Cassation avait annulé le 6 janvier 2015 les écoutes de Rere Puputauki et Tutu Manate réalisées courant 2013, MAIS… – Au-delà des apparences, l’affaire JPK)

Maintien contre toute attente dans le dossier d’instruction des preuves annulées le 6 janvier 2015 par la Cour de Cassation et issues des sonorisations ci-dessus relatées, malgré la notification de l’obligation de retrait pour archivage d’un exemplaire papier et de la version numérisée.                                           

Une instruction totalement à charge

Francis Stein doit se battre depuis juin 2019 contre l’imagination du chef d’enquête de la section de recherches de la gendarmerie – soutenues par le juge d’instruction qui a décidé de le mettre en examen, et le parquet général – et contre les suppositions au terme desquelles les réquisitions de l’avocate générale demandaient aux magistrats composant la chambre de l’instruction en juin 2020, de s’y conformer en faisant appel à leur intime conviction.

ALORS MÊME QU’en matière de Justice, LORSQUE QU’EXISTE un doute, il bénéficie au justiciable.

Il y A tant d’incohérences dans les multiples hypothèses construites.

L’intime conviction n’est pas l’addition de suppositions bancales qui rendent vraisemblables des actes sans qu’il n’y ait de témoins directs, ni même d’aveux. Cette intime conviction étape nécessaire quand tout fait défaut, à commencer par un corps, une scène de crime (maison, garage, voiture, embarcation…) ne devrait pas tenir lieu d’indice grave ou concordant transformable en charge, ni même être considérée comme preuve.

ARTICLE 353 du CPP (Code de procédure pénale)

 « La loi ne demande pas compte aux juges des moyens par lesquels ils se sont convaincus, elle ne leur prescrit pas de règles desquelles ils doivent faire particulièrement dépendre la plénitude et la suffisance d’une preuve ; elle leur prescrit de s’interroger eux-mêmes dans le silence et le recueillement et de chercher, dans la sincérité de leur conscience, quelle impression ont faite, sur leur raison, les preuves rapportées contre l’accusé, et les moyens de sa défense. La loi ne leur fait que cette seule question, qui renferme toute la mesure de leurs devoirs : « Avez-vous une intime conviction ? »

ARTICLE 304 (code de procédure pénale)

Les jurés doivent jurer et promettre  « d’examiner avec l’attention la plus scrupuleuse les charges qui seront portées contre X…, de ne trahir ni les intérêts de l’accusé, ni ceux de la société qui l’accuse, ni ceux de la victime ; de ne communiquer avec personne jusqu’après votre déclaration ; de n’écouter ni la haine ou la méchanceté, ni la crainte ou l’affection ; de vous rappeler que l’accusé est présumé innocent et que le doute doit lui profiter ; de vous décider d’après les charges et les moyens de défense, suivant votre conscience et votre intime conviction, avec l’impartialité et la fermeté qui conviennent à un homme probe et libre, et de conserver le secret des délibérations, même après la cessation de vos fonctions ».

La démonstration ci-dessus de l’altération de l’enquête dès son début, est faite que les actes de recherche de la vérité n’ont pas tous été accomplis, et souvent ceux qui l’ont été furent réalisés au siècle suivant (1997 / 2007).

Des hypothèses telles les pires qui ont été scénarisées pour résoudre un « cold case » comme asséné par le chef d’enquête et ses collaborateurs, tout le monde peut en émettre par dizaines !

La culpabilité de Francis Stein tiendrait donc à ce qui a été échafaudé faute de mieux ?

Il paie depuis des années la disparition d’un homme sans être coupable.

Et l’on voudrait, alors même que cette enquête a été gravement altérée dès le début,  que Francis STEIN soit jugé pour un crime qu’il n’a pas commis ?

https://affairejpk.net/2021/03/13/prelude-a-une-plainte-a-present-decidee-pour-des-faux-temoignages-aux-juges-formules/