Ce 18 juin 2026 marque un anniversaire particulier pour tous ceux qui suivent les pérégrinations de ce qui devint, par l’iniquité des amalgames, mon combat judiciaire.

Il y a dix-huit ans jour pour jour, la 11ème Chambre de la Cour d’appel de Paris rendait un arrêt historique, infirmant le premier jugement du Tribunal de Papeete et condamnant définitivement le directeur de publication de L’Hebdo, Terii Paquier, pour diffamation publique.

Pour comprendre la portée de cette victoire, il faut revenir à l’origine du scandale : un titre tapageur en novembre 2004, « Les vrais coupables de la disparition de JPK », surmontant un article lâche, non signé — car son auteur n’avait même pas le courage d’assumer ses écrits —, qui orchestrait une fuite délibérée de pièces de l’instruction.

Ce brûlot reprenait à compte propre les courriers passionnels et orientés de proches de la victime adressés au magistrat instructeur, une manœuvre de pure diversion pour déplacer le point de mire public loin des véritables suspects de l’époque.

À Papeete, la justice locale avait pourtant dérapé d’une manière stupéfiante.

En première instance puis en appel, les magistrats s’étaient illustrés par une analyse aberrante, prétendant que l’association des termes « coupables » et « disparition » ne constituait pas un fait assez précis pour caractériser la diffamation, sous prétexte que l’article restait évasif.

En clair, selon eux, insinuer que j’étais le « vrai coupable » d’un crime ne m’incriminait pas ! Une bêtise juridique monumentale qui bafouait la loi du 29 juillet 1881.

Il m’a fallu franchir les océans, engager des frais colossaux (près de deux millions de francs CFP pour l’ensemble des instances, sauf la seconde offerte par mon avocat) et porter l’affaire devant la Chambre criminelle de la Cour de cassation à Paris pour balayer ces inepties.

Le 5 septembre 2006, la plus haute juridiction de la République censurait l’arrêt de Papeete, rappelant qu’imputer à un homme un rôle fautif dans une disparition porte intrinsèquement atteinte à son honneur.

Pour garantir une totale impartialité, la cause fut renvoyée devant la Cour d’appel de Paris, qui concrétisa notre victoire ce 18 juin 2008 en condamnant le gérant du média.

Dix-huit ans plus tard, alors que certains continuent de propager ces fables obsolètes sous de lâches pseudonymes ou sur les réseaux sociaux, ce rappel est nécessaire. La publication judiciaire m’avait été refusée au motif fallacieux que les faits étaient trop anciens ; aujourd’hui, mon blog est le gardien de cette vérité écrite.

Les condamnés s’effacent, mais les arrêts de justice restent gravés dans le marbre de la jurisprudence.

Le combat pour l’honneur ne s’éteint jamais.

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