L’ÉTAT DE DROIT ABANDONNÉ AU CLAN polynésien DOMINANT, PAR LES GOUVERNEMENTS FRANÇAIS SUCCESSIFS

L ‘affaire « J P K » est le symbole d’un état de droit devenu petit à petit absurde en Polynésie. En effet depuis 1958, au nom d’intérêts supérieurs d’Etat que furent les essais nucléaires aux Tuamotu, les gouvernements français de droite comme de gauche à chaque alternance, ont offert l’immunité et d’incommensurables privilèges à leurs supplétifs polynésiens.

Ainsi pendant plus d’une cinquantaine d’années afin de protéger certaines personnalités politiques dominantes régies par un système clanique en Polynésie, les gouvernements français successifs ont inventé – pour effectuer tranquillement leurs essais nucléaires – des secrets bidons pour absoudre judiciairement les tenants d’un système mafieux d’Etat s’appuyant sur quelques élus politiques polynésiens consentants, pour incarner les remparts contre l’indépendance.

En vérité, au gré des besoins d’honorables correspondants des services secrets d’État et de pays alliés, les supplétifs de ces correspondants des services occultes placés sous couverture, et en poste sur notre fenua, sont devenus incontrôlables au fil du temps.

Ils sont même parvenus à faire condamner – ou pas – par une justice paradoxalement aux ordres de celui à qui ont été longtemps confiées pour des raisons de proximité et de représentation auprès du délégué du gouvernement français, les clés du devenir des 5 archipels de la Polynésie devenue française et qui devraient le rester encore longtemps, en raison d’enjeux stratégiques et géopolitiques.

Le premier d’entre eux, tavana devenu incontournable par la volonté de la France, également porté par le système qu’il a méthodiquement mis en place et ancré à grand renfort d’expatriés participant à son accession aux postes politiques les plus prestigieux locaux et nationaux, obtint même une évolution sans précédent et à plusieurs reprises, du statut l’érigeant quasiment en maître indéboulonnable de notre collectivité, devenue pièce maîtresse de la dissuasion nucléaire après l’indépendance Algérienne.

Sa dernière tentative pour laminer l’opposition aux élections territoriales de 2004 s’est toutefois retournée contre lui en raison de modifications des dispositions électorales conçues en sa faveur.  

Le pire dans ce grand chaos socio-politique en Polynésie et tout particulièrement après la reprise des essais nucléaires de 1995 jusqu’à 1996, puis durant les années d’instabilité successives de 2004 à 2014 qui ont suivi, c’est qu’il n’y a manifestement jamais eu de complot d’État si ce n’est la forte volonté de ne pas perturber l’ordre établi coûte que coûte, au détriment de l’opposition constituée de plusieurs partis minoritaires parvenus cependant à recomposer l’échiquier politique au gré d’alliances, entérinant la disparition d’un centre auparavant porteur d’espoir.

Par contre, il y a eu, à force d’attitudes paranoïaques et mégalomaniaques de certaines personnes de l’ombre rouées aux pratiques de la manipulation, et ayant des intérêts particuliers, des prises initiatives en matière d’action illégales pour conserver le pouvoir en Polynésie en maintenant à tout prix Gaston Flosse président, malgré les multiples affaires financières et judiciaires le concernant, et ses pratiques et « méthodes parfois expéditives pour réaliser ses objectifs, pouvant légitimement troubler le représentant de l’Etat ».

En 1997 « J P K », (ennemi juré de Gaston Flosse) suite à un abandon de famille déguisé en suicide par lui-même, semble être devenu définitivement introuvable par un étrange enlèvement.

Puis survint, la disparition suspecte de l’avion – en pleine campagne électorale législative de 2002 – de Boris Léontieff avec trois autres élus de son parti, (des opposants politiques notoires) qui mettaient en danger la réélection de Gaston Flosse pour le scrutin territorial approchant.

C’est une démonstration flagrante que l’état de droit en Polynésie était violé sans que le délégué du gouvernement français, Haut-Commissaire de la République représentant localement l’Etat, ne prenne conscience que les « honorables correspondants » de la DGSE conseillant Gaston Flosse, agissaient contre les intérêts supérieurs de la République Française.

Ces affirmations sont explicables à travers certaines constructions intellectuelles d’une justice en Polynésie, aux ordres d’un élu, digne des pires républiques bananières d’Afrique ou dictatures d’Asie.

En réalité quelques barbouzes équipés de matériel technologique de pointe en matière d’écoutes et de filatures entourant le président du pays, semblent avoir été victimes du syndrome « Bob Denard », et ont probablement rêvé pouvoir créer, grâce à Gaston Flosse, un pays sinon un Etat associé à la France où ils deviendraient avec lui les maîtres tout puissants de la Polynésie, autrement nommée : TAHITI NUI (Le grand Tahiti).

Pour mémoire, les indices de la création d’une milice privée aux ordres du président Flosse se dessinaient dès 1994 avec la création d’un début de bureau d’étude comportant déjà des gendarmes à la retraite dans l’équipe nouvellement créée. C’est petit à petit que ces barbouzes, avec l’aide de certains magistrats, sont arrivés à mettre sur les rails deux officines de renseignements et d’actions « violentes » dans certaines institutions ou associations humanistes de Polynésie.

Je me répète, c’est en cela que l’affaire JPK en décembre 1997 et la disparition en avion des opposants politiques FETIA API pendant la campagne électorale des législatives de 2002, posent question sur de graves altérations d’institutions d’Etat, perpétrées en Polynésie.

Il est scandaleux qu’aucune enquête parlementaire n’ait été effectuée, hormis celles tentées localement par des élus de l’assemblée territoriale mais rapidement annulées par le Haut-Commissaire via un recours au tribunal administratif.

Pourtant, la fédération internationale des droits de l’homme avait déjà, dans son rapport de 2001 sur la Polynésie intitulé « HALTE AU MÉPRIS », signalé certains dérapages graves, qui remettaient en cause l’état de droit en Polynésie.

En mémoire des élus polynésiens disparus étrangement en pleine campagne électorale le 23 mai 2002, quatre ans et demi après Jean-Pascal COURAUD alias « J P K », il est nécessaire de faire toute la lumière sur ces deux affaires et je serai d’avis qu’il soit demandé au président de la République Emanuel Macron lors de sa 1ère et toute prochaine visite au mois de juillet 2021, d’intercéder auprès des présidents du Sénat et de l’Assemblée Nationale pour que soit ordonnée une enquête parlementaire sur les dysfonctionnements des institutions en Polynésie depuis 1991.